Après avoir lu Le Sermon sur la chute de Rome, j’étais un peu dubitative quant aux œuvres de cet auteur. Le premier roman serait peut être le moyen de savoir si j’apprécie ou pas cette plume. Comme Manu a présenté et prêté Où j’ai laissé mon âme, c’est donc pour moi l’occasion de lire le premier roman de Jérôme Ferrari.

ferrari

Ce roman se déroule sur trois journées en 1957 en pleine guerre d’Algérie. Le capitaine Degorce et le lieutenant Andreani, anciens déportés par la Gestapo et détenus d’Indochine, deviennent des tortionnaires en Algérie.

Le lecteur plonge au cœur de cet univers et de ces consciences face à l’enfer de la gégène, de l’interrogatoire violent, de la lutte des esprits et des corps.

Jérôme Ferrari nous fait entrer dans l’esprit de ces deux hommes et plus particulièrement dans celui du capitaine Degorce, partagé entre son devoir de militaire et sa conscience d’homme détruite par les tortures et les actes barbares qu’impose cette guerre. Cette plongée dans l’enfer de soi est bien rendue par la plume riche et pesée de l’auteur.  En revanche, le personnage d’Andreani me laisse perplexe : entre la fascination qu’il ressent pour Degorce, la perversion décomplexée qu’il semble revendiquer dans cette confession à celui qu’il aime et admire, je ne sais pas et je n’arrive pas à appréhender ce personnage.

En résumé : j’ai eu plus de « plaisir » pour ce roman – même si le sujet est plus difficile – et je ne peux que reconnaître la grandeur de plume de Jérôme Ferrari. 

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