Ulysse from Bagdad est une proposition du Club de lecture. Le titre est intriguant pour quelqu’un comme moi : j’y vois tout de suite une référence à Homère et j’ai envie de savoir si le roman confirme ma première impression.

L’histoire est celle d’une fuite et non d’un retour vers un foyer quitté :

Saad veut quitter Bagdad, son chaos, pour gagner l’Europe, la liberté, un avenir. Mais comment franchir les frontières sans un dinar en poche ? Comment, tel Ulysse, affronter les tempêtes, survivre aux naufrages, échapper aux trafiquants d’opium, ignorer le chant des sirènes devenues rockeuses, se soustraire à la cruauté d’un geôlier cyclopéen ou s’arracher aux enchantements amoureux d’une Calypso sicilienne ?

J’ai beaucoup aimé ce roman d’Eric Emmanuel Schmitt qui reprend avec subtilité les épisodes de L’Odyssée d’Homère. Les adaptations contemporaines sont très bien trouvées comme celle des sirènes devenues, sous la plume de cet auteur, un groupe de métal.

L’écriture très dialoguée entre Saad Saad et son père rend l’œuvre vivante et à aucun moment je n’ai trouvé de longueurs dans ce roman. Au contraire, le personnage du père, conseiller moral du fils, apporte même une touche d’humour et surtout du bon sens dans ces dialogues.

Le message du roman n’en reste pas moins politisé et délivre sous le trait de la fiction une réflexion sur les réfugiés politiques – thème cher à ce romancier – et l’inflexible rouage de l’administration. Sans tomber dans le pathos, le roman Ulysse from Bagdad est un roman engagé mais également plaisant.

En résumé : une belle fiction, plaisante à lire tant par la reprise de la source homérique que par l’humour subtil présent dans cette œuvre. Un sujet sérieux mais traité avec finesse. Un bon roman.

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