Parfois, j’aime me lancer dans de longues lectures, celles qui occupent plusieurs soirées et qui chaque soir nous fait retrouver des personnages qui attendent notre lecture pour continuer à vivre dans ce monde de fiction.

En choisissant Terre des oublis, je pars pour 700 pages d’aventures et plusieurs soirées dans le Vietnam d’après guerre.

L’histoire de Terre des oublis n’est pas banale :

En 1975, Miên, une jeune Vietnamienne se croyant veuve, a épousé par amour Hoan, un riche propriétaire terrien également très épris d’elle. Malheur et damnation : son premier mari, un soldat qui a fait la guerre d’indépendance, réapparaît et réclame son dû. Par devoir, Miên est contrainte de retourner dans son foyer. L’aigreur de Bôn, physiquement et moralement abîmé, fait de sa vie un enfer.

 

Ce roman nous plonge ans un univers qui à lui seul est un personnage : le Vietnam ; car c’est au nom de ce Vietnam déchiré par la guerre que Miên va accomplir son devoir d’épouse de soldat et revivre avec cet époux, fantôme de la guerre. Partagée entre son devoir pour Bôn et son amour pour Hoan, Miên nous offre le portrait d’une femme courageuse, forte, plus forte que les hommes…

Ce que j’ai aimé dans ce roman, c’est la force de ces trois personnages dont les valeurs nous semblent d’un autre temps et qui pourtant construisent leur monde.

La construction du roman qui alterne entre cette femme et ses deux époux, entre leur présent et leur passé, tout en laissant des zones d’oublis dans le récit apporte une certaine efficacité à la narration et permet surtout au lecteur de comprendre le cheminement des personnages.

L’écriture poétique mais aussi fidèle à la réalité voire à la trivialité des personnages porte le lecteur au fil des 700 pages. Sa force est aussi de faire vivre les paysages vietnamiens : la forêt à feu et à sang, les ruelles exigües et sombres, les demeures luxueuses ou délabrées… Le lecteur est projeté dans cet univers exotique, dans ce monde aux autres sons, aux autres saveurs.

J’ai aimé ce roman qui m’a fait découvrir la société vietnamienne d’après guerre et la douloureuse histoire de Miên, double épouse, partagée entre amour et devoir. Tout au long de cette histoire, le lecteur ne cesse de se demander lequel de l’amour ou du devoir triomphera…et si l’un des deux triomphera…

En résumé : Malgré ses 700 pages, ce roman ne vous occupera que quelques soirées car Duong Thu Huong, en vous plongeant dans l’histoire de Miên, vous fera faire un voyage vers la «  Terre des oublis » que nous ne voudrez pas abandonner pour vous coucher…

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